Team Cameroun

 

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mercredi 13 juin 2007

Amazing !

Au Cameroun, il se passe des trucs de malade mental. Des choses tellement épatantes qu'ils faut le voir pour le croire. Et encore... Ca a commencé il y a 15 jours, on profitait de la fraicheur de la nuit sur la terasse avec Claire et Cathy. Cathy, c'est mon chat, pour ceux qui auraient loupé un wagon. Le chat quant à lui, jouait à tenir en équilibre sur la rambarde du balcon. Et soudain on entend un cri strident. Là, une chouette fonce sur Cathy, et essaie de l'attraper. Le courageux félin se débat. Il donne des coups de griffe dans tous les sens. Pousse des Miiaôoiuuw !! Tant et si bien que la chouette finit par lacher prise. Un truc de fou, je vous avais prévenu !! Sourtout que le minou était deux fois plus gros que le hibou.

Et on a continué nos époustouflantes découvertes avant hier. En cherchant un CD dans la chambre de Claire, on est tombé sur une fourmillière... Dans la boîte de CD. Ces connasses (comme on les appelle souvent ici) avaient investi la boîte en plastique, bouffé le livret, et partaient à la conquête du monde ! (c'est ambitieux une fourmi)... ou plutot à la conquête de la pile de CDs d'à côté. Elles ont même dévoré la couche gravée d'un disque !! Ca fait bizarre d'ouvrir la boîte et de tomber nez à nez avec cette masse sombre qui s'active et grouille de partout. Imaginez un peu comment ça doit niaquer les petits mollets roses des vaillants randonneurs...

Ya vraiment qu'en Afrique qu'on voit des trucs pareils.

lundi 11 juin 2007

Toi yen a parler français ?

Ca fait un bon bout de temps que je voulais en parler, mais a chaque fois que j'étais sur le net, ça me sortait de la tête... Ici, les camerounais ont une manière bien spéciale de s'exprimer. On s'y fait très vite, on prends quelques tics d'ailleurs, mais il y a certains détails qui me font toujours marrer...

L'autre week-end par exemple, je suis parti en rando avec Claire. Après avoir déjà bien grimpé, elle a demandé au guide combien de temps durerait l'ascension. Et il a répondu : il faut compter encore une heure de temps. Et là, on avait envie de lui dire " Ben évidemment grosse nouille que c'est pas une heure de pommes de terre ! " Là j'ai repensé à mon prof de physique de PSI qui nous engueulait en permanance à cause des unités et des grandeurs. J'aurais dû la lui sortir celle là...

PAr ailleurs, la semaine dernière avait lieu un rallye organisé par le Lycée Fustel. Des amis y ont participé et l'une des épreuves consistait à trouver l'équivalent en français de quelques expressions camerounaises. On a ainsi appris que "papa j'ai encore grandi" signifiait "short" !! Mort de Rire ;o) Ils sont trop forts ces camerounais...

samedi 2 juin 2007

Escalade du pic de Rhumsiki

Et oui. Jules est l’un des deux seuls guides à grimper là haut et m’avait proposé de m’y conduire… Bien que lui, grimpe sans matos, il propose d’habitude de le faire avec matériel, sauf que là, il se l’est fait voler. Pas de corde, ni de baudrier etc. Nous sommes donc partis un peu à l’arrache.



You’ll be my everest


Escalader cette falaise avec les mains et sans matériel, c'est quand même vachement galère. Et il faut accepter de laisser sa vie entre les mains du guide à 2 ou 3 reprises. A un moment mon pied a dérappé, et j'ai commencé à glisser sur la pente en essayant de me raccrocher à droite et à gauche. Je me suis laminé les mains, mais j'ai fini par trouver une prise 15m plus bas et je suis reparti. A la Tom Cruise dans M.I. 2 Là j'ai vraiment flippé. Quelques minutes plus tard, voilà que je me fais attaquer par une guêpe. Ici, les guêpes sont toutes noires et font la taille du petit doigt ! J'ai l'avant-bras qui gonfle, et ca commence à me démanger sérieusement (le venin est "légèrement" plus puissant qu'en France), mais je sais que ce n'est pas trop grave et que ça passera d'ici 48h. En haut, le paysage est magnifique. Ca valait le coup de prendre des risques, et je ne regrette absolument pas de m’être fait piquer.



Les petites maisons de Rhumsiki-village


Bientôt midi, il est l’heure de repartir pour Mokolo. C’est Jules qui m’y conduit en moto. C’est tellement plus rapide que ce taxibrousse pourri. Et puis ça me permet de prendre quelques photos.



Ma préférée…


Je suis de retour à Maroua en milieu d’après-midi. Parfait : un jus de foléré et une bonne sieste plus tard, c’est déjà l’heure de suivre les élections… J’apprends aussi que l’avion de Kenya Airways s’est crashé. J’ai donc bien fait de partir dans le Nord plutôt que de partir à Nairobi. Merci ma bonne étoile ;)

Je vous épargne le récit de mes 30h de voyage retour, où bus, car, train se sont succédés… C’est épuisant !! Surtout quand un boulet de sous-préfet demande à retarder le départ car il arrivera à la bourre à la gare. Parti lundi vers 6h30, j’arrive le lendemain vers 13h. Pile à l’heure du café chez Claire !

Le Kirdi Bar

En repartant, je croise mes potes anglais, et on s’arrête prendre une bière dans un petit bar. Je leur explique que le soir, je suis invité dans le resto du mec qui ressemble à Crocodile Dundee avec son chapeau - On avait tapé la discut la veille, peu avant la course avec les chacals. Quelle bonne surprise, eux aussi ! En fait, son nom est Don Quichotte, et c’est le patron du Kirdi Bar. Le soir venu, nous nous sommes régalés avec du pain fait maison, une sauce extra à base d’ail, des quiches, pizzas aux légumes, brochettes, pommes sautées, fruits. C’était extra. Là-dessus, j’ai besoin d’une bonne nuit de sommeil, car le lendemain j’ai prévu un truc de malade mental …

Visite du village

Ensuite, jules m’a proposé de visiter le village. C’est sympa, nous sommes même allés dire bonjour au sorcier au crabe, qui répondait à nos questions. Tout un rituel chez ce sorcier… Je parle avec Jules, qui traduit au sorcier, qui parle à son crabe et lui crache dessus. Il enferme ensuite le crabe dans une sorte de calebasse contenant du sable, dans laquelle il a au préalable disposé quelques éclats de calebasse. Le crabe bouge alors et renverse les éclats de calebasse. Le sorcier sort le crabe, puis décode la position des débris, tandis que Jules continue de me retranscrit les paroles du vieux Monsieur. Comme le dit lui-même le sorcier, il ne répond pas personnellement aux questions, c’est le crabe qui s’en charge. Si jamais il s’avère que ce n’est pas la vérité, c’est donc le crabe qui est à mettre en cause.



La case du Sorcier au Crabe


Vous ne me croirez peut-être pas, mais il m’a annoncé des trucs vrais !! D’ailleurs sur le trajet du retour en car, j’ai discuté (le voyage dure 7h, alors t’as intérêt de parler avec les gens pour pas t’ennuyer) avec un camerounais qui m’expliquait les choses bizarres dont étaient capables les gens de son village. Je n’y ai pas assisté, mais je l’ai cru : Ces gens là sont peut-être pauvres, mais terriblement puissants.

Bref, ensuite je suis passé par le quartier des tisserands. Et là encore une chose me frappe : ce ne sont pas les femmes, mais les hommes qui tissent !! Non pas que je sois macho, mais que les hommes au Cameroun n’ont pas l’habitude de ce genre de tâche.



Les métiers à tisser… rustiques !



Les femmes filent le coton


Perso, je me vois très mal supporter les journées mornes où on passe son temps à tisser pour presque pas un sou… Vient alors le tour du marché. Il a lieu le dimanche matin, donc la place semble un peu vide. Au fond, on aperçoit une grotte (la faille au milieu). C’est ici qu’a habité le fondateur du village au tout début. Il y a fait venir sa famille, puis d’autres… Le temps que les cases soient construites. C’était au début du siècle dernier.



La place du marché



Les enfants de Rhumsiki


Un dernier passage devant des enfants, qui, pour une fois ne me saoulent pas avec « le cadôô, le cadôô » : Cette fois-ci, c’est eux qui me donnent une graine de bougainvillier… Celle là, je la garde précieusement et je la planterai le jour où j’aurai un jardin.

Forgerons

Après une bonne sieste (je suis complètement mort), nous voici partis en moto pour rendre visite à un forgeron artisanal dans le petit village d’Amsa. C’est à 10 bornes de Rhumsiki, mais en moto, on va tellement plus vite sur la piste.

Un forgeron artisanal, c’est quoi ?? C’est avant tout un enfoiré qui essaye d’arnaquer le blanc lorsqu’il débarque. Mais bon, ça je m’y suis habitué depuis depuis. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment il travaille. Il sculpte avec de la cire un pendentif, une bague ou autre. Ensuite, il va enduire son objet d’argile pour forme une petit boule. Son fils revient alors du Nigéria où il était parti acheter du cuivre. On dépose les petites billes de cuivre à l’extrémité de la boule d’argile (il avait laissé un genre de récipient pour cela). Puis on part à la forge…



La forge. Ca vous en bouche un coin, hein ?!*?


La forge, c’est un truc en pierre qui protège les brindilles du vent, et deux astucieux tuyaux sur lesquels on place des peaux de cuir. Avec elles, on souffle de l’air pour attiser le feu, et en plus, ça fait de la musique. Bref, on place notre objet dans le feu, la cire fond, puis le cuivre, qui prend la place de la cire en suivant le moule d’argile… On attend comme cela quelques minutes, puis on casse délicatement l’argile devenue blanche. On récupère l’objet en cuivre que l’on plonge dans une pierre creuse contenant de l’eau. On peut penser que ca ressemble à rien, mais c’est faux ! Finalement, c’est pas mal… Bon, après m’être fait enfler par le forgeron parce que j’avais oublié la monnaie, nous sommes retournés à Rhumsiki. Sauf que sur le chemin du retour, le câble de frein s’est bloqué, et la roue a stoppé sec. VLAM ! Allez directement dans le fossé, ne passez pas par la case départ et surtout, ne touchez pas le pot d’échappement… (mais là c’est pas passé loin) Rien de cassé ?? Non. Alors on repart pour de nouvelles aventures…

Randonnée au Nigéria

J’avais oublié de préciser que les anglais s’étaient arrêtés juste avant d’arriver au village. Ils ne me rejoindront que dans la soirée du samedi. Nous voici donc samedi matin. Il est 6h, et je suis déjà debout, tout fringuant… enfin presque. Une longue journée m’attend, mais je n’en sais rien. Après avoir pris le petit-dej dans un bouiboui -j’aime bien manger ce que les mamans préparent- Nous partons en rando avec Jules. Les paysages sont magnifiques.



Nous passons autour des pics volcaniques, descendons dans la vallée, allons dire bonjour aux gardes frontières, et remontons du côté du Nigéria.



C’est marrant, au Nigéria, les gens ont planté des cactus pour symboliser les clôtures. C’est super efficaces pour éviter que le troupeau de chèvres ne se tire pendant la nuit… Et Oui, au Cameroun et au Nigéria aussi les cactus ça pique !! Nous revenons sur Rhumsiki en fin de matinée, je suis exténué, et la chaleur étouffante n’arrange rien. Je demande un petit break avant de poursuivre les visites… Accordé !

Rhumsiki

Me voici donc à Rhumsiki... Sidi m'avait averti : une fois sur place, demande à rencontrer JPP, tout le monde le connaît. Géant ! Si il faut venir au Cameroun pour rencontrer des stars du foot, je serais venu plus tôt. Facile de le reconnaître en effet, puisqu'il attendait avec un sweat Tintin à la sortie du Bus. Il me conduit à l'auberge (j'avais demandé quelque chose de rustique) et me dit qu'il reviendra discuter du planning pendant le repas. Sitôt mes affaires larguées, je file me balader prendre quelques photos pendant qu'il fait encore jour. C'est là que je rencontre Jules César (Que de stars, décidément !), une jeune guide de 20 ans avec qui je sympathise. C'est finalement lui qui organisera mon séjour ici.



Coucher de soleil a Rhumsiki


La nuit tombe, je monte sur une colline prendre quelques photos, et j'entends un grognement. "Bah, c'est que je suis sur une propriété privée, ça doit être le chien". Désormais, ça ressemble plus à des glapissements et ça se rapproche... Damn it ! J'ai dû déranger une famille de chacals et yen a 3 qui me foncent dessus. Sauve qui peut !!! J'y vois rien sur ce chemin, mais je ne me pose pas de question et je prends mes jambes à mon cou. Les 3 bêtes ne me lâchent pas. J'arrive éreinté au village, ou les lampes tempêtes ont été allumées pour éclairer la piste. Cela semble dissuader les canidés... Quelle journée !!

Le repas copieux me fera du bien. Dans ma piaule, il fait trop chaud pour que ce pauvre petit ventilateur fasse efficacement son travail. Une bonne douche froide avec les bidons (j'ai demandé un truc rustique, c'est pas pour avoir l'eau courante) et au lit... Ma copine minnie mouse viendra me tenir compagnie, mais je suis tellement claqué que j'en avais rien à cirer.

mercredi 30 mai 2007

Apocalyspe Now

En voilà un bon titre de post... Hier aprem, alors que j'écoutais mcm pop à la télé en révisant l'algo prog, la musique coupe. GRRRR !! Satanés nuages, me dis-je. Je jette un coup d'oeil par la fenêtre et là, je vois un nuage noir noir noir comme j'en avais jamais vu auparavant. Un machin énorme, et toute la ville s'assombrit en quelques secondes. 2 Minutes plus tard, c'est la fin du monde. Un orage de dingue, les gaulois avaient raison d'avoir peur que le ciel leur tombe sur la tête.

Je reste au chaud dans l'appart et Claire m'appelle : "il y a 80 cm d'eau dans le CCF, les bouquins vont moisir, j'essaye de regagner le Bvd du 20 mai à la nage..." Hein ??? Hop, je prends la voiture, me gare au Hilton et je continue à pied. Et ben franchement c'était apocalyptique.

Le centre ville était complètement noyé. Des bouts de pastèques et de maïs flottaient, une grenouille coassait dans le CCF, des centaines de cafards essayaient d'apprendre à nager, et il y avait même un serpent ! Les gens nageaient au dehors, tout le monde applaudissait lorsque quelqu'un réussisait l'exploit de traverser la rue. Les taxis, eux, roulaient comme si de rien n'était (les cons !) jusqu'à ce qu'ils noient le moteur. Les passagers ouvraient alors les portières pour continuer à pied (ou plutot a la nage). Le bordel monstre !

J'ai appris par ailleurs qu'un mec s'était noyé un peu plus bas que l'ambassade, et que l'eau était montée d'un coup dans la fourrière, on ne voyait plus que les toit des voitures ;) Les pompiers intervenaient à droite et à gauche (un jour je parlerai des pompiers : 1 seul camion, des tuyeaux percés, pas de masques, pas d'entrainement... normal quoi) Et puis ce matin, l'eau avait fini par s'écouler dans les égouts, les gens ont repris leur place sur le trottoir pour vendre des objets ou a manger, reprennent leur petit train train quotidien. C'était pas arrivé depuis 10 ans ! On est bien loin du bazar médiatique fait en France dès qu'un petit village que personne ne connaît innonde. Les dégats sont pourtant les mêmes ici, si ce n'est que ... C'EST LA CAPITALE DU CAMEROUN !!

jeudi 17 mai 2007

Coming soon...

Ne manquez pas notre prochain épisode :

Une course avec les chacals

Une Randonnée au Tchad

Un petit vautrage en moto

RDV avec le sorcier au crabe

Escalade à mains nues sur la falaise

30h de trajet retour...

What the hell is a taxibrousse ??

Petit à petit, on croise des motos, puis des villages, et en milieu d'après midi, me voici dans la ville de Mokolo. Je remercie Sidi, et lui demande de me laisser à la gare routière. Là, c'est vraiment le souc. Avec mon sac à dos bien visible, je dois vraiment faire tâche au milieu de tout ce monde qui s'affaire autour. Des gens m'annoncent des noms de villes dans tous les sens "Maroua ? Garoua ? Mora ? Koza ? Rhumsiki ?" Heu... Ouais, c'est effectivement là que je veux aller. Mais le mini bus de lilliputien Toyota ne m'inspire pas vraiment confiance. "Monte man ! On part d'un instant à l'autre" Monter... Oui mais où ??? ya plus un cm de libre... En fait le principe est simple, pour faire monter qqn, tout le monde doit ressortir, puis on remonte tous, mais différemment en optimisant encore un peu plus la place. Ici le terme optimiser signifie c'est passer de deux à trois personnes par siège. Bref, c'est pas triste. Mais ca m'a permis de constater que les anglais de l'autre soir étaient coincés au fond du bus. Je dis bus, mais ça a plutôt la taille d'un Renault Espace des années 20. Et on y tient à 23 !!! Excusez du peu.

Ca s'appelle le Taxi brousse. Tout le monde est en place ?? OK, on peut commencer à charger tout et n’importe quoi sur la galerie. Des sacs monstrueux de navets, d'oignons, de poireaux, de savon, et une chèvre se succèdent... Sur les 48km de piste qui nous séparent de Rhumsiki, nous nous sommes arrêtés dans chaque village.



Ils sont marrants les villages dans les Kapsikis


C'est important, car il faut savoir si la belle-soeur du cousin de ma tante qui habite ici va bien (Les Kapsikis, c’est la chaîne de montagne au nord). Et pour rendre service, les petits neveux de je sais pas qui montent sur la galerie pendant 200m. On s’arrête, ils descendent. Le chauffeur s’en va pisser. On redémarre. Super roots comme trajet !! Miracle, on a fini par arriver 3h plus tard... un peu sur les nerfs.

Safari

Nous laissons ces habitations très spéciales derrière nous, et continuons en direction du Nord. Puis d’un coup, Sidi emprunte une piste sur la gauche. « Celle là, si tu ne la connais pas, tu ne la trouveras jamais » me dit-il.

« T’inquiète pas, je connais mon pays. Il a plu ici il y a deux jours, tous les animaux du sud du parc sont venus dans les parages ». Et Sidi ne s’est pas planté : j’ai eu droit à la totale.

Pas longtemps après être rentré dans le parc, on a commencé a apercevoir quelques girafes, de loin. En général, les guides s'en tiennent là, car dès que l'on approche, on a beau rester discret, les girafes fuient nonchalamment. Et là où le guide est vraiment trop fort, c'est qu'il a un technique géniale : Banco ! D'un coup il fonce vers elles.



A l’attaaaaque !!


Le flip total pour les pauvres bêtes, qui ne comprennent pas ce qui se passe et partent dans toutes les directions. Mais c'est pas rapide une girafe. Donc le petit (que Sidi avait vu dès le départ) est resté planté là, plus intrigué qu'effrayé par le bruit du moteur qui a rugit soudainement. Ensuite, ben on coupe le moteur, et on ne fait plus de bruit. On attend sagement que les girafes rassurées reviennent chercher leur petit. Ca marche trop bien. Catch an eye on this :



Que passa ??


On a ensuite continué notre chemin pèpère dans la brousse. Au loin, je vois un peu de verdure. Sidi avait (encore !) raison, la pluie a dû tomber juste ici. Nous atteignons cette végétation rafraîchissante vers 17h30. RooooOOOOAAAaaaar !!!



Oh le joli matou…


Putain sa mère... derrière un arbre je vois une lionne. Coupage de moteur instantané. Elle nous fixe, sans bouger. Puis finit par retourner se cacher dans un fouret. On est resté planté là jusqu'à 19h, en attendant désespérément qu'elle ressorte. Un peu lassés, on repart. Et elle était là, juste à côté de la voiture, profitant de la lumière des phares pour chercher on ne sait trop quoi (son chemin ? sa proie ? sa tanière ?)



Reste à distance, si tu veux bien…


… parce que pour prendre les photos, j’ai ouvert la fenêtre. Vers 22h, Sidi s'arrête : "On continuera demain". J'ai pas super bien dormi, parce que sur la banquette arrière, on crève de chaud. Pas grave, de toutes façons la nuit n'a pas duré bien longtemps : le soleil s'est levé vers 5h30. J'ouvre un oeil, ébloui. Puis le second, complètement dans le pâté... Ohhhh, on est juste à côté d'une marre, ou d'un petit lac, enfin d'un point d'eau pour les zanimo quoi. Décidément, il est vraiment trop fort ce guide.



A l'aube, toutes sortes d'espèces se côtoient sans se chamailler afin de se désaltérer.


On ne s'attarde pas trop et on continue. Franchement je sais pas comment il s'oriente le Sidi, parce que ça fait un bail que j'ai pas vu de piste... La brousse épaisse, jaune et sèche partout. Partout ? Non. Là, il y a un arbre bien vert avec des choses qui bouges dans son ombre.



Au milieu de nulle part, ce sont des éléphants !


Nous voici au beau milieu de la matinée. Il faut se dépêcher car je veux être à Rhumsiki dans la soirée, mais sans savoir par quel moyen m'y rendre. Et Dix minutes plus tard, on retombe comme par miracle sur une route goudronnée. Là déjà, c'est digne du prodige... ensuite, faut savoir dans quelle direction on l'emprunte. Pour Sidi, la question ne se pose pas : il fonce. C'est peut-être son instinct, je sais pas trop, mais ya un truc qui m'échappe !



Seuls au monde sur cette belle route, une girafe prend tout son temps pour traverser

mardi 15 mai 2007

Impro totale

Il est grand temps de repartir. Au passage, Sidi traverse le Logỏn pour atterrir au Tchad. Pas de poste de police pour nous contrôler, c’est cool. Je suis ainsi passé dans quelques villages. Des gamins avaient attrapé un rapace et me le présentent fièrement. Puis ils demandent « le cadeau ». Je cherche au fond de mon sac un paquet de biscuits entamé. Ils se chamaillent pour savoir comment partager. L’oiseau ne laisse pas passer un telle opportunité et s’en va, aussitôt poursuivi par les gamins étonnés.



En passant par le Tchad


De retour sur le sol camerounais, nous arrivons dans un village Mboulou traditionnel. Ici, les gens vivent dans des cases obus. C’est assez particulier, mais original. Une case pour le mari, une pour chaque femme et leurs animaux, et au milieu la réserve de mil.

C’est un savant mélange d’argile, de terre, de paille, de bouse de vache et de caillasse qui permet à la fraîcheur de rester à l’intérieur. Un trou au beau milieu du toit permet à la fumée de s’échapper. Les gens ne se cassent pas la tête et laissent les échafaudages. C’est ce qui donne ces motifs en V ou en Y.



Les cases obus


Il y a même des passages « secrets » adaptés aux formes des boucliers pour que les gens puissent se cacher et se défendre en cas d’attaque. En même temps, un bouclier en paille, on a fait mieux pour se protéger. Mais moi je dis ça je dis rien…



Dans la cachette secrète

Le Paradis de Porte Mayo

Porte Mayo, c’est vraiment sympa. Le soir, j’ai rencontré un petit groupe d’anglais qui travaillent à Maroua. Je leur demande quelques conseils pour mes excursions et ils m’annoncent qu’ils partent passer le week-end à Rhumsiki. Ca ne pouvait pas mieux tomber, puisque je voulais moi aussi me rendre là-bas.

Le lendemain matin, me voilà dans la benne d’un pick-up, conduit par Sidi, un guide. Direction plein Est : Maga. Je me rends vite compte d’une chose, c’est que l’Extrême Nord n’a rien à voir avec Yaoundé et le Centre… Ici, il n’y a rien. Ou pas grand-chose en tout cas. Le désert a perte de vue. Aride, sec, d’une chaleur presque étouffante : vers midi, le mercure frôle les 46° à l’ombre, mais encore faut-il en trouver ! Au début, je prends dur. Mais finalement, c’est nettement plus agréable qu’un climat équatorial avec une forêt oppressante.





Le désert agrémenté de quelques montagnes


Et au beau milieu de ce grand rien, il y a une route, sortie d’on ne sait où. Autant dire qu’on n’a pas intérêt de tomber en panne, parce que ce n’est pas dans les rares petits villages que l’on croise que l’on trouvera de l’aide.

Dans le Nord, les cases sont faîtes en argile, légèrement rondes, avec un toit en paille. Les gens tressent de la paille jaune pour former une espèce de clôture qui empêchera leur chèvre (leur unique bien) de se faire la malle. On dirait que tout le village va s’envoler au premier coup de vent.



Petit village de l’Extrême Nord


Après un peu plus d’1h de route, nous arrivons au lac de Maga. C’est un lac artificiel construit à la frontière du Tchad. Sidi baragouine dans une langue incompréhensible (le dialecte du nord) avec les pêcheurs, et j’embarque sur une pirogue. L’eau s’infiltre de partout dans notre embarcation, je suis mis moi aussi à contribution pour ne pas finir bouffé par des poissons aux dents acérées. Et on finit par atteindre notre objectif…



… Un troupeau d’hippos qui font la sieste


Là, je suis bien content qu’un collègue m’ai prêté son appareil numérique, parce que le mien fait des zoom qui valent pas une bille. Ce sera encore plus flagrant par la suite…

Sur le retour, je fonds littéralement. La réverbération sur l’eau du lac est terrible et je m’aventure à laisser mes deux bras dans l’eau. Ca ralentit encore un peu plus la pirogue, mais que ça fait du bien. Puis nous repartons sur la piste, avec le Toy (Toy, c’est pour Toyota). Nous nous arrêtons à Pouss, pour manger avec les doigts dans le même plat (dans la même casserole pour être exact).



Le resto le plus class de Pouss
Le village est pauvre, donc pas de siège. Il faut rester assis par terre sur une natte. Ici, au cas où vous ne l’auriez pas compris, les restos sont bien loin de figurer dans le guide Michelin. Pas de menu, mais plat de la semaine imposé. J’adore la bassine de vaisselle à l’entrée pour signaler qu’ici on peut manger. Et à l’intérieur, comment dire… c’est aussi la maison de la maman. On a donc un drap et du linge qui sèchent.



Le joli sourire… On dirait peut-être pas, mais les gens sont gentils ici


Je vais avoir du mal à décrire ce que j’ai mangé : lorsqu’on fait trop cuire le riz, ça donne une pâte un peu flasque au fond de la casserole (on a tous été étudiants). Ben ça y ressemblait beaucoup, avec deux boulettes de viandes qui se battent en duel dans un bain de sauce épicée mais pas mauvaise.

Garoua

Il est sympa Alain. Le lendemain, j’ai visité avec lui le petit consulat de Garoua, puis je suis parti en ville avec un chauffeur du consulat pour réserver une place dans le car qui me conduira à Maroua. « Maroua ? Aucun grand car ne partira avant 17h » me répond-on. Le train a encore des soucis, ce qui retarde les passagers. Les horaires de départ des cars sont par conséquent eux aussi chamboulés, puisque les cars, en Afrique, partent seulement lorsqu’ils sont pleins.

Et ça ne m’arrange pas du tout d’attendre. Je vais donc prendre un petit bus. « Il vient de partir » me dit-on. La loose totale. Quoique... Le chauffeur du consulat me dit « monte ! » Les pneus crissent sur le gravier, puis notre 4x4 fonce, esquive les véhicules, zigzague entre les motos, dérape, trace parmi la foule, renverse les étals dans le marché en klaxonnant, vire à gauche à la limite de se renverser, puis pile… Bref, la course poursuite digne des films américains. Le minibus est là, à une station service. On demande au chauffeur s’il reste des places. On me répond enfin par l’affirmative, Cool !!! Je m’engouffre : 25 personnes dans un minibus, on est un peu serrés, mais c’est la magie des voyages en Afrique) Le bus s’arrête à un village sur trois pour dire bonjour à la famille tout ça. On perd un temps fou, mais le pilote rattrapera ça après en appuyant sur le champignon.



Paysages en arrivant à Maroua


Vers 17h, je suis à Maroua, reste à trouver un endroit pour dormir. J’appelle Evelyne, dont Alain m’avait donné le numéro. « Tu verras, elle tient un relais auberge super sympa »m’avait-il dit. Evelyne envoie un chauffeur me récupérer, mon boukarou est déjà réservé (merci Alain), et je peux siroter un bon foléré à la terrasse.