Nous laissons ces habitations très spéciales derrière nous, et continuons en direction du Nord. Puis d’un coup, Sidi emprunte une piste sur la gauche. « Celle là, si tu ne la connais pas, tu ne la trouveras jamais » me dit-il.
« T’inquiète pas, je connais mon pays. Il a plu ici il y a deux jours, tous les animaux du sud du parc sont venus dans les parages ». Et Sidi ne s’est pas planté : j’ai eu droit à la totale.
Pas longtemps après être rentré dans le parc, on a commencé a apercevoir quelques girafes, de loin. En général, les guides s'en tiennent là, car dès que l'on approche, on a beau rester discret, les girafes fuient nonchalamment. Et là où le guide est vraiment trop fort, c'est qu'il a un technique géniale : Banco ! D'un coup il fonce vers elles.
A l’attaaaaque !!
Le flip total pour les pauvres bêtes, qui ne comprennent pas ce qui se passe et partent dans toutes les directions. Mais c'est pas rapide une girafe. Donc le petit (que Sidi avait vu dès le départ) est resté planté là, plus intrigué qu'effrayé par le bruit du moteur qui a rugit soudainement. Ensuite, ben on coupe le moteur, et on ne fait plus de bruit. On attend sagement que les girafes rassurées reviennent chercher leur petit. Ca marche trop bien. Catch an eye on this :
Que passa ??
On a ensuite continué notre chemin pèpère dans la brousse. Au loin, je vois un peu de verdure. Sidi avait (encore !) raison, la pluie a dû tomber juste ici. Nous atteignons cette végétation rafraîchissante vers 17h30.
RooooOOOOAAAaaaar !!!
Oh le joli matou…
Putain sa mère... derrière un arbre je vois une lionne. Coupage de moteur instantané. Elle nous fixe, sans bouger. Puis finit par retourner se cacher dans un fouret. On est resté planté là jusqu'à 19h, en attendant désespérément qu'elle ressorte. Un peu lassés, on repart. Et elle était là, juste à côté de la voiture, profitant de la lumière des phares pour chercher on ne sait trop quoi (son chemin ? sa proie ? sa tanière ?)
Reste à distance, si tu veux bien…
… parce que pour prendre les photos, j’ai ouvert la fenêtre. Vers 22h, Sidi s'arrête : "On continuera demain". J'ai pas super bien dormi, parce que sur la banquette arrière, on crève de chaud. Pas grave, de toutes façons la nuit n'a pas duré bien longtemps : le soleil s'est levé vers 5h30. J'ouvre un oeil, ébloui. Puis le second, complètement dans le pâté... Ohhhh, on est juste à côté d'une marre, ou d'un petit lac, enfin d'un point d'eau pour les zanimo quoi. Décidément, il est vraiment trop fort ce guide.
A l'aube, toutes sortes d'espèces se côtoient sans se chamailler afin de se désaltérer.
On ne s'attarde pas trop et on continue. Franchement je sais pas comment il s'oriente le Sidi, parce que ça fait un bail que j'ai pas vu de piste... La brousse épaisse, jaune et sèche partout. Partout ? Non. Là, il y a un arbre bien vert avec des choses qui bouges dans son ombre.
Au milieu de nulle part, ce sont des éléphants !
Nous voici au beau milieu de la matinée. Il faut se dépêcher car je veux être à Rhumsiki dans la soirée, mais sans savoir par quel moyen m'y rendre. Et Dix minutes plus tard, on retombe comme par miracle sur une route goudronnée. Là déjà, c'est digne du prodige... ensuite, faut savoir dans quelle direction on l'emprunte. Pour Sidi, la question ne se pose pas : il fonce. C'est peut-être son instinct, je sais pas trop, mais ya un truc qui m'échappe !
Seuls au monde sur cette belle route, une girafe prend tout son temps pour traverser